Au cœur de l'Institut
PENDANT LA GRANDE GUERRE

1914 - 1918 LES DISCOURS DES SÉANCES SOLENNELLES
DE RENTRÉE DES CINQ ACADÉMIES

1914

1915

1916

1917

1918

1919

Dans le cadre des commémorations nationales et internationales de la Première Guerre mondiale, l’Institut de France et les Académies ont souhaité apporter leur contribution propre à la compréhension d’un conflit devenu planétaire et ont ouvert leur saison 2014-2015 par une séance solennelle de rentrée sur le thème “1914”Plus de 500 personnes y ont assisté dont près de 100 académiciens. De nombreuses personnalités représentant les plus hautes autorités de l’État et les corps constitués ainsi que plusieurs ambassadeurs étaient également présents à cette séance. Nous vous proposons de découvrir ici à nouveau ces séances.

Introduction par M. Georges-Henri Soutou,

membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques)

Depuis l’origine, tous les ans, le 25 octobre, date de la création de l’Institut de France en 1795, les cinq Académies qui le composent (Académie française, des Inscriptions et Belles-Lettres, des Sciences, des Beaux-Arts, des Sciences morales et politiques) se réunissaient pour leur séance solennelle de rentrée. La Grande Guerre n’interrompit pas cette tradition : ce sont les discours prononcés sous la Coupole du Quai Conti, lors des Rentrées solennelles de 1914 à 1919, qui sont rassemblés ici.

Ces séances sont en fait l’une des rares manifestations communes des cinq Académies, qui sont fort indépendantes les unes des autres. Elles sont introduites par le président de l’Institut de France, élu pour un an (à ne pas confondre avec le Chancelier), qui prononce le discours d’ouverture. Y prennent ensuite la parole les cinq délégués des différentes Académies, désignés par les Bureaux de chacune de ces dernières (les Bureaux étant composés du président de l’Académie en exercice pour un an, du vice-président et du secrétaire perpétuel).

Les rites n’ont pas changé depuis. Mais de nos jours un thème général est fixé pour les Rentrées solennelles. Il n’en allait pas de même à l’époque, chacun des délégués choisissant librement son sujet. Cela dit, les mœurs confraternelles de nos Académies font qu’il est parfaitement possible qu’une concertation informelle ait eu lieu, pour mieux assurer l’équilibre et l’intérêt des Rentrées, ou pour adresser au public un discret message. C’est en tout cas l’impression qui se dégage parfois à la lecture des discours.

Suite de l’introduction de M. Georges-Henri Soutou

1914

Séance publique annuelle des cinq Académies du lundi 26 octobre 1914

La rentrée solennelle du 26 octobre 1914 fut présidée par Paul Appell, qui rappela sa double qualité d’Alsacien et de Strasbourgeois. Il souligna que l’Institut avait tenu à rester à Paris et à y poursuivre ses travaux (ce passage a dû être remarqué par l’auditoire : rappelons que le Gouvernement était parti pour Bordeaux, ce que beaucoup avaient critiqué ; il ne devait rentrer que le 20 décembre).
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Fin 1914, ces discours ont été édités une première fois sous le titre La séance historique de l’Institut de France.

Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FrancePaul Appell
  2. La guerre et le droit des gens au XXe siècle“, par Louis Renault, délégué de l’Institut de France ;
  3. L’Invasion mongole au Moyen Âge et ses conséquences“, par Henri Cordier, délégué de l’Académie des inscriptions et belles-lettres ;
  4. Les Vierges de l’Acropole“, par Théophile Homolle, délégué de l’Académie des beaux-arts ;
  5. Les Journées de Barfleur et de la Hougue (29 mai-3 juin 1692)“, par Georges Lacour-Gayet, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques.
  6. Le Soldat de 1914“, par René Doumic, délégué de l’Académie française.

1915

Séance publique annuelle des cinq Académies du lundi 25 octobre 1915

 

La séance publique du 25 octobre 1915 fut davantage inscrite dans la guerre que celle de l’année précédente. Le président de l’Institut, Léon Bonnat, marqua en effet dans son discours sa douloureuse surprise de voir se prolonger un conflit que l’on voyait encore, l’année précédente, se terminer avant Noël. Le discours du délégué des inscriptions et belles-lettres, Franz Cumont, consacré à « La romanisation de la Belgique dans l’Antiquité », ne manqua pas de développer le thème de l’opposition à la Germanie auquel on pouvait s’attendre, mais sans cela son exposé était de facture tout à fait classique et éloigné de l’actualité. Cependant par le choix de l’orateur, associé étranger et citoyen belge, l’Académie des Inscriptions avait voulu, Franz Cumont l’indique lui-même, rendre spécialement hommage à la Belgique. (Il est rarissime qu’un associé étranger prenne la parole ainsi lors d’une rentrée solennelle).

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Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FranceLéon Bonnat
  2. La romanisation de la Belgique dans l’Antiquité” par Franz Cumont, délégué de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
  3. Les Plaies de Guerre et la Nature médicatrice” par Albert Dastre, délégué de l’Académie des sciences
  4. Les Allemands peints par les Maîtres de l’esprit français” par Charles Benoist, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques
  5. À Soissons” par Pierre Loti, délégué de l’Académie française

1916

Séance publique annuelle des cinq Académies du mercredi 25 octobre 1916

 

La séance publique des cinq Académies du 25 octobre 1916, l’année de Verdun et de la Somme, n’eut […] rien d’« académique ».

Le président, Henri Joly, souligna toutes les diverses contributions de l’Institut et de ses membres à l’effort de guerre, par ses aides de toute nature, la mise à disposition de locaux, les travaux de laboratoire liés à la défense nationale, la propagande à l’étranger, etc.

Le comte Paul Durrieu, délégué des inscriptions et belles-lettres, narra l’histoire fort patriotique de Perrette Baudoche, jeune Messine ayant vécu au XIVe siècle, dont le nom évoquait si directement celui d’une autre Messine, Colette Baudoche, l’héroïne fameuse de Maurice Barrès.

L’ingénieur naval Louis Bertin, délégué de l’Académie des sciences, raconta les différentes phases de l’affrontement naval anglo-britannique en Mer du Nord depuis le début des hostilités, culminant avec la bataille navale Jutland, à la fin du mois de mai précédent.

Théophile Homolle, de l’Académie des beaux-arts, prononça un discours sur « La sculpture et la guerre », parfaitement dans la note.

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Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FranceM. Henri Joly
  2. Perrette Baudoche” par Paul Durrieu, délégué de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
  3. Un chapitre de la Guerre navale” par Émile Bertin, délégué de l’Académie des sciences
  4. La Sculpture et la Guerre” par Théophile Homolle, délégué de l’Académie des beaux-arts
  5. Les Commandements de la Patrie” par Paul Deschanel, délégué de l’Académie française

1917

Séance publique annuelle des cinq Académies du jeudi 25 octobre 1917

 

L’automne 1917 fut sinistre. L’échec sanglant de l’offensive Nivelle en avril, la crise ensuite de l’Armée en mai-juin (même si à l’époque l’étendue de celle-ci, conduisant parfois à de véritables mutineries, fut soigneusement cachée au public), l’échec de la dernière offensive russe en juillet, qui devait d’ailleurs contribuer à provoquer la révolution bolchevique en novembre et la sortie de la Russie de la guerre, la fatigue et les privations d’une population tendue à l’extrême dans un effort épuisant, tout cela contribua à un climat de pessimisme, parfois de défaitisme. Au Parlement les intrigues se multipliaient. Ribot tombait en septembre, remplacé par Painlevé (un autre membre de l’Institut), qui tombait lui-même en novembre, à la suite d’une série d’affaires de trahison et à cause du manque général de fermeté de son gouvernement. C’est ce qui permit à Clemenceau d’arriver au pouvoir. Le redressement de l’esprit public allait suivre, mais à l’automne 1917 Poincaré considérait qu’un tiers des députés auraient été prêts à accepter une paix blanche.

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Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FranceDenys Cochin
  2. Dans l’ombre du campanile d’Aquilée” par Charles Diehl, délégué de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
  3. La Guerre d’insectes” par Louis Bouvier, délégué de l’Académie des sciences
  4. L’idéal chez Ingres et Delacroix” par Henry Lemonnier, délégué de l’Académie des beaux-arts
  5. Un canton de France pendant la guerre” par Pierre Imbart de La Tour, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques

1918

Séance publique annuelle des cinq Académies du vendredi 25 octobre 1918

 

Le 4 octobre, le Reich avait demandé au président Wilson d’ouvrir des négociations en vue d’un armistice. Celui-ci ne fut signé que le 11 novembre, mais la victoire était acquise pour les armées alliées, en pleine offensive et qui avaient déjà largement libéré les régions envahies. Le discours triomphant du président de l’Institut, Paul Girard, le 25 octobre, témoigne du soulagement éprouvé par les contemporains. Henri Welschinger, délégué de l’Académie des Sciences morales et politiques, consacra son discours, évidemment tout à fait de circonstance, à « Un académicien alsacien : Jean-Stanislas Andrieux (1759-1833) », dont il soulignait qu’il était le seul Alsacien que l’Académie française ait compté jusque-là dans ses rangs. Le représentant de l’Académie des Sciences, Charles Richet, exposa ce qui avait suscité de grands progrès de la médecine et de la chirurgie pendant le conflit : « L’anesthésie dans les blessures de guerre ».

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Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FrancePaul Girard
  2. L’Anesthésie dans les blessures de guerre” par Charles Richet, délégué de l’Académie des sciences
  3. La statue de Washington par Houdon” par André Michel, délégué de l’Académie des beaux-arts
  4. Un Académicien alsacien, Jean-Stanislas Andrieux (1759-1833)” par Henri Welschinger, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques
  5. Ode au vent d’Ouest” par Jean Richepin, délégué de l’Académie française

1919

Séance publique annuelle des cinq Académies du samedi 25 octobre 1919

La dernière séance solennelle du temps de guerre (rappelons que le Parlement venait de ratifier, le 12 octobre, sans enthousiasme d’ailleurs, le traité de Versailles, mais que juridiquement la paix ne fut rétablie que lors de l’entrée en vigueur du traité, le 10 janvier 1920), fut un peu en demi-teinte par rapport aux précédentes. Certes, le président de l’Institut, Léon Guignard, marqua les acquis de la victoire, dans ce style convenu qui était caractéristique de la mobilisation de ses confères depuis 1914 :

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Ordre des lectures

  1. Discours du président de l’Institut de FranceLéon Guignard
  2. Maître Aliboron” par Antoine Thomas, délégué de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
  3. L’Art de la Tapisserie” par Maurice Fenaille, délégué de l’Académie des beaux-arts
  4. Une tempête dans la seconde classe de l’Institut en 1798” par Charles Morizot-Thibault, délégué de l’Académie des sciences morales et politiques
  5. Où allons-nous ?” par Émile Boutroux, délégué de l’Académie française
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