DEVENIR MÉCÈNE

L’Huître et les Plaideurs

La fable est contenue dans le recueil des Fables nouvelles et autres poésies publié en 1671. Le fonds Erhard comprend 47 illustrations de cette fable.


Pistes pédagogiques

 

  • Six images se rapportent au partage des écailles. Trouver pour chacune des figures du « juge » l’adjectif qui vous paraît le plus approprié. Comparer avec ce qu’en dit le texte ?
  • Observer les images 1, 2, 3. Quelles critiques portent-elles que la fable ne contient pas ?
  • Commenter l’illustration des quatre derniers vers de la fable.

Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

 

L’Huître et les Plaideurs

 

Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent
Une Huître que le flot y venait d’apporter :
Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ;
À l’égard de la dent il fallut contester.
L’un se baissait déjà pour amasser la proie ;
L’autre le pousse, et dit : « Il est bon de savoir
Qui de nous en aura la joie.
Celui qui le premier a pu l’apercevoir
En sera le gobeur ; l’autre le verra faire.
— Si par là on juge l’affaire,
Reprit son compagnon, j’ai l’œil bon, Dieu merci.
— Je ne l’ai pas mauvais aussi,
Dit l’autre, et je l’ai vue avant vous sur ma vie.
Eh bien ! vous l’avez vue, et moi je l’ai sentie. »
Pendant tout ce bel incident,
Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge.
Perrin fort gravement ouvre l’Huître, et la gruge,
Nos deux Messieurs le regardant.
Ce repas fait, il dit d’un ton de Président :
« Tenez, la Cour vous donne à chacun une écaille
Sans dépens, et qu’en paix chacun chez soi s’en aille. »
Mettez ce qu’il en coûte à plaider aujourd’hui ;
Comptez ce qu’il en reste à beaucoup de familles ;
Vous verrez que Perrin tire l’argent à lui,
Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles.

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