DEVENIR MÉCÈNE

Le Renard, le Loup et le Cheval

La fable est contenue dans le recueil des Ouvrages de prose et de poésie des sieurs de Maucroix et de La Fontaine publié en 1685. Le fonds Erhard comprend 10 illustrations de cette fable.

Raymond de La Nézière
Imagerie d’Épinal
Perdroux
Carle Vernet
Bouchot (dessin) et Trichon (gravure)
Raymond de La Nézière
Gaston Gélibert

Pistes pédagogiques

• Lire du vers 1 au vers 17 et noter tout ce qui caractérise chacun des trois personnages. Après avoir repéré l’image qui met en scène leur rencontre, dire si elle vous paraît relever de l’illustration ou de l’interprétation.
• Parmi les images proposées, cinq illustrent la même scène. À quels vers correspondent-elles ? Pourquoi ce choix des illustrateurs ?
• Identifier l’image qui met en scène les derniers vers de la fable. Relier le plus grand nombre possible d’éléments aux vers qui les ont inspirés.
Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

Le Renard, le Loup et le Cheval

Un Renard jeune encor, quoique des plus madrés,
Vit le premier cheval qu’il eût vu de sa vie.
Il dit à certain Loup, franc novice : « Accourez :
Un Animal paît dans nos prés,
Beau, grand ; j’en ai la vue encor toute ravie.
— Est-il plus fort que nous ? dit le Loup en riant.
Fais-moi son portrait, je te prie.
— Si j’étais quelque Peintre ou quelque Étudiant,
Repartit le Renard, j’avancerais la joie
Que vous aurez en le voyant.
Mais venez : que sait-on ? peut-être est-ce une proie
Que la Fortune nous envoie. »
Ils vont ; et le Cheval, qu’à l’herbe on avait mis,
Assez peu curieux de semblables amis,
Fut presque sur le point d’enfiler la venelle.
« Seigneur, dit le Renard, vos humbles serviteurs
Apprendraient volontiers comment on vous appelle. »
Le Cheval, qui n’était dépourvu de cervelle,
Leur dit : « Lisez mon nom, vous le pouvez, Messieurs ;
Mon Cordonnier l’a mis autour de ma semelle. »
Le Renard s’excusa sur son peu de savoir.
« Mes parents, reprit-il, ne m’ont point fait instruire.
Ils sont pauvres, et n’ont qu’un trou pour tout avoir.
Ceux du Loup, gros Messieurs, l’ont fait apprendre à lire. »
Le Loup, par ce discours flatté,
S’approcha ; mais sa vanité
Lui coûta quatre dents : le Cheval lui desserre
Un coup ; et haut le pied. Voilà mon Loup par terre,
Mal en point, sanglant et gâté.
« Frère, dit le Renard, ceci nous justifie
Ce que m’ont dit des gens d’esprit :
Cet animal vous a sur la mâchoire écrit
Que de tout inconnu le sage se méfie. »

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