DEVENIR MÉCÈNE

Conseil tenu par les rats

Il s’agit de la fable II du Livre II des Fables choisies, publié en 1668.

Le fonds Erhard comprend 60 illustrations de cette fable.

Gustave Doré
Firmin Bouisset
Planche d'Épinal
Caricature de LIG
Jean-Jacques Grandville
Ransonnette fils
Jacques Liozu
François Chauveau
Vivier (dessinateur) et Jean-Pierre Simon et Jacques-Joseph Coiny (graveurs)
Ferdinand Raffin
Chromo

Pistes pédagogiques

• La fable s’ouvre avec le personnage du chat. Comparer son traitement dans le texte (vers 1 à 13) et dans les images.
• Repérer les 3 images où l’artiste a choisi de peindre le conseil sous un jour particulièrement dramatique. Commenter les procédés (composition, éclairage, décor…).
• L’humour (lecture des onze derniers vers de la fable). Comment s’exprime-t-il dans le texte et dans les illustrations qui se rapportent à ce passage.
• Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

Conseil tenu par les Rats

Un chat, nommé Rodilardus
Faisait de rats telle déconfiture
Que l’on n’en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu’il en restait, n’osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son sou ;
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un chat, mais pour un diable.
Or un jour qu’au haut et au loin
Le galant alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu’il fit avec sa dame,
Le demeurant des rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l’abord leur Doyen, personne fort prudente,
Opina qu’il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu’ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis, ils s’enfuiraient sous terre ;
Qu’il n’y savait que ce moyen.
Chacun fut de l’avis de Monsieur le Doyen,
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d’attacher le grelot.
L’un dit : « Je n’y vas point, je ne suis pas si sot »;
L’autre : « Je ne saurais. »Si bien que sans rien faire
On se quitta. J’ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus :
Chapitres non de rats, mais chapitres de moines,
Voire chapitres de chanoines.

Ne faut-il que délibérer,
La Cour en conseillers foisonne ;
Est-il besoin d’exécuter,
L’on ne rencontre plus personne.

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