DEVENIR MÉCÈNE

Le Coq et le Renard

Il s’agit de la fable XV du livre II des Fables choisies, publié en 1668. Le fonds Erhard comprend 33 illustrations de cette fable.


Pistes pédagogiques

 

  • Le plaisir de la fable repose sur la connivence entre le lecteur et le coq. Comment est-elle établie dès le début du texte et dans la plupart des images ?
  • Comment l’auteur a-t-il, sous des dehors plaisants, fait des deux personnages les protagonistes d’une vieille lutte entre le monde sauvage et la civilisation ? Etudier sa transposition dans les images.
  • Comment le stratagème du coq est-il rendu efficace dans le texte et dans les illustrations ?

Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

 

Le Coq et le Renard

 

Sur la branche d’un arbre était en sentinelle
Un vieux Coq adroit et matois.
« Frère, dit un Renard, adoucissant sa voix,
Nous ne sommes plus en querelle :
Paix générale cette fois.
Je viens te l’annoncer ; descends que je t’embrasse ;
Ne me retarde point de grâce :
Je dois faire aujourd’hui vingt postes sans manquer.
Les tiens et toi pouvez vaquer
Sans nulle crainte à vos affaires :
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux dès ce soir.
Et cependant, viens recevoir
Le baiser d’amour fraternelle.
— Ami, reprit le Coq, je ne pouvais jamais
Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle
Que celle
De cette paix.
Et ce m’est une double joie
De la tenir de toi. Je vois deux Lévriers,
Qui, je m’assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie.
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous.
Je descends ; nous pourrons nous entrebaiser tous.
— Adieu, dit le Renard : ma traite est longue à faire.
Nous nous réjouirons du succès de l’affaire
Une autre fois. » Le Galant aussitôt
Tire ses grègues, gagne au haut,
Mal content de son stratagème ;
Et notre vieux Coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur ;
Car c’est double plaisir de tromper le trompeur.

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