DEVENIR MÉCÈNE

L’Âne et le Chien

Il s’agit de la fable XVII du livre VIII des Fables choisies, publié en 1678. Le fonds Erhard comprend 16 illustrations de cette fable.


Pistes pédagogiques

 

  • Étudier le thème de l’indifférence dans le texte. Comment ce thème est-il traité dans les images ? Commenter.
  • En quoi le choix et la présentation des deux protagonistes révèlent-ils l’extrême dangerosité du monde ? Comment celle-ci est-elle suggérée dans les images ?
  • Relever et commenter les vers qui annoncent une issue fatale. Comment les illustrateurs expriment-ils la même idée ?

Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

 

L’Âne et le Chien

 

Il se faut entraider, c’est la loi de nature :
L’Âne un jour pourtant s’en moqua :
Et ne sais comme il y manqua ;
Car il est bonne créature.
Il allait par pays accompagné du Chien,
Gravement, sans songer à rien,
Tous deux suivis d’un commun maître.
Ce maître s’endormit ; l’Âne se mit à paître :
Il était alors dans un pré,
Dont l’herbe était fort à son gré.
Point de chardons pourtant ; il s’en passa pour l’heure :
Il ne faut pas toujours être si délicat ;
Et faute de servir ce plat
Rarement un festin demeure.
Notre Baudet s’en sut enfin
Passer pour cette fois. Le Chien mourant de faim
Lui dit : « Cher compagnon, baisse-toi, je te prie ;
Je prendrai mon dîné dans le panier au pain. »
Point de réponse, mot ; le Roussin d’Arcadie
Craignit qu’en perdant un moment,
Il ne perdît un coup de dent.
Il fit longtemps la sourde oreille :
Enfin il répondit : « Ami, je te conseille
D’attendre que ton maître ait fini son sommeil ;
Car il te donnera sans faute à son réveil,
Ta portion accoutumée.
Il ne saurait tarder beaucoup. »
Sur ces entrefaites un Loup
Sort du bois, et s’en vient ; autre bête affamée.
L’Âne appelle aussitôt le Chien à son secours.
Le Chien ne bouge, et dit : « Ami, je te conseille
De fuir, en attendant que ton maître s’éveille :
Il ne saurait tarder ; détale vite, et cours.
Que si ce Loup t’atteint, casse-lui la mâchoire.
On t’a ferré de neuf ; et si tu me veux croire,
Tu l’étendras tout plat. » Pendant ce beau discours,
Seigneur Loup étrangla le Baudet sans remède.

Je conclus qu’il faut qu’on s’entraide.

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