DEVENIR MÉCÈNE

Le Loup devenu Berger

Il s’agit de la fable III du livre III des Fables choisies, publié en 1668. Le fonds Erhard comprend 87 illustrations de cette fable.


Pistes pédagogiques

 

  • Relever dans le texte les différents indices qui annoncent l’échec de la ruse du loup et repérer le moyen choisi par tous les illustrateurs pour le laisser également présager.
  • Identifier les quatre images qui illustrent le dénouement (vers 24-30) et les comparer avec les vers qui en font le récit. Commenter.
  • Relever dans le texte les éléments qui permettent de déduire le sentiment du poète pour son personnage. Étudier sa transposition en images.

Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

 

Le Loup devenu Berger

 

Un Loup qui commençait d’avoir petite part
Aux brebis de son voisinage,
Crut qu’il fallait s’aider de la peau du renard
Et faire un nouveau personnage.
Il s’habille en berger, endosse un hoqueton,
Fait sa houlette d’un bâton,
Sans oublier la cornemuse.
Pour pousser jusqu’au bout la ruse,
Il aurait volontiers écrit sur son chapeau :
C’est moi qui suis Guillot berger de ce troupeau.
Sa personne étant ainsi faite
Et ses pieds de devant posés sur sa houlette,
Guillot le sycophante approche doucement.
Guillot le vrai Guillot étendu sur l’herbette,
Dormait alors profondément.
Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette.
La plupart des brebis dormaient pareillement.
L’hypocrite les laissa faire,
Et pour pouvoir mener vers son fort les brebis
Il voulut ajouter la parole aux habits,
Chose qu’il croyait nécessaire.
Mais cela gâta son affaire,
Il ne put du pasteur contrefaire la voix.
Le ton dont il parla fit retentir les bois,
Et découvrit tout le mystère.
Chacun se réveille à ce son,
Les brebis, le chien, le garçon.
Le pauvre loup dans cet esclandre,
Empêché par son hoqueton,
Ne put ni fuir ni se défendre.

Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre.
Quiconque est loup, agisse en loup ;
C’est le plus certain de beaucoup.

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