DEVENIR MÉCÈNE

Les Loups et les Brebis

Il s’agit de la fable XIII du livre III des Fables choisies, publié en 1668. Le fonds Erhard comprend 32 illustrations de cette fable.

Gravure datée de 1794, reprod. dans L’Instantané, supplément illustré de la Revue hebdomadaire, 15 février 1913 (Bibliothèque de l’Institut, in-12° Erhard 2839 n° 8).
Raymond de La Nézière
Auguste Vimar
François Chauveau
Épinal
Jean-Baptiste Oudry
Carle Vernet
Gustave Doré

Pistes pédagogiques

• Relever tous les éléments du texte qui montrent que les deux partis prennent une décision raisonnable et équilibrée en apparence. Comment les illustrateurs en rendent-ils compte dans les images 1 à 5 ?
• Comment le doute est-il jeté dès les premiers vers ? Comment les illustrateurs l’introduisent-ils à leur tour ?
• Relever les manifestations de la sauvagerie dans le texte (vers 13 à 24) et dans les images 6, 7, 8 et 9.
Choisir le vers que l’on préfère et l’image qui pourrait l’illustrer.

Les Loups et les Brebis

Après mille ans et plus de Guerre déclarée,
Les Loups firent la Paix avecque les Brebis.
C’était apparemment le bien des deux partis :
Car, si les Loups mangeaient mainte bête égarée,
Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits.
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d’autre part pour les carnages :
Ils ne pouvaient jouir qu’en tremblant de leurs biens.
La Paix se conclut donc ; on donne des otages :
Les Loups leurs Louveteaux, et les Brebis leurs Chiens.
L’Échange en étant fait aux formes ordinaires,
Et réglé par des Commissaires,
Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvats
Se virent Loups parfaits et friands de tuerie,
Ils vous prennent le temps que dans la Bergerie
Messieurs les Bergers n’étaient pas,
Étranglent la moitié des Agneaux les plus gras,
Les emportent aux dents, dans les Bois se retirent.
Ils avaient averti leurs gens secrètement.
Les Chiens, qui sur leur foi reposaient sûrement,
Furent étranglés en dormant.
Cela fut si tôt fait qu’à peine ils le sentirent.
Tout fut mis en morceaux ; un seul n’en échappa.
Nous pouvons conclure de là
Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La Paix est fort bonne de soi :
J’en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?

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