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France Mémoire - 3 mai 2021

Le mot du chancelier

Xavier Darcos,
Chancelier de l’Institut de France

Débarquant en Italie, Énée consulta la sibylle de Cumes. Elle ne lui cacha pas les difficultés qui l’attendaient, tout en excitant sa combativité : « Pour toi, ne cède pas à l’adversité, mais affronte- la avec toute l’audace dont tu seras capable. » (Énéide, VI, 95). Et elle lui annonça son succès final.

Au cours de l’année 2020, nous n’avons guère pu, hélas ! débarquer en Italie. Mais nous avons eu à combattre l’adversité la plus inattendue et la plus déroutante. Nous l’avons affrontée, je crois, avec audace et avec la conviction du succès final.

Interrompue à deux reprises, incertaine entre juin et octobre, la vie de l’Institut a exigé de chacun beaucoup de sang-froid, une grande capacité d’adaptation – nous avons appris beaucoup sur le digital – et même un art consommé de l’improvisation.

Le résultat nous est un grand motif de fierté collective. Nos académies ont poursuivi leurs travaux, leurs publications, et leurs avis – ô combien précieux, surtout lorsqu’ils émanaient de l’Académie des sciences ! Elles ont établi leurs palmarès annuels, tandis que les fondations poursuivaient leurs actions au bénéfice de l’intérêt général et l’attribution de leurs prix. Nous avons été privés de nos rites et de nos invités, mais nous avons accompli presque toutes nos tâches. Les bibliothèques, les musées, tous nos sites ont été durement éprouvés, mais tous ont fait front.

Rarement autant qu’en cette année 2020, l’avis des savants, lorsqu’ils s’expriment collectivement, avec indépendance et responsabilité, n’a été aussi indispensable à la vie de la nation et à la conduite de l’action publique. La vocation même de l’Institut s’en trouve plus que jamais consolidée, tandis que tout s’agite, hésite et parfois s’égare. Peu d’institutions ont une plus grande habitude de l’indispensable quête de pérennité, de sérénité et de hauteur de vue. Depuis sa Coupole, l’Institut de France a vu tant de choses commencer et finir, que l’on peut le consulter avec plus de confiance que les Livres sibyllins.

 
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